Daniel Rossellat

 

Daniel Rossellat

Paléo qu’est-ce que c’est pour vous?
Paléo, c’est ma vie. Un métier que je me suis inventé. Quand je regarde le chemin parcouru, je me dis que c’était vraiment une aventure exceptionnelle.

Avoir 40 ans, qu’est-ce que ça signifie?
40 ans pour moi, ça n’a pas été un moment spécial. Je n’ai jamais aimé qu’on me fête. Les anniversaires c’est une occasion de festoyer un peu, une occasion de regarder le chemin parcouru, de faire un bilan, de dire merci aux gens qui ont été sur ce chemin. Je n’ai jamais aimé organiser quelque chose pour moi. 40 ans n’ont pas été un moment de crise existentielle. Probablement parce que je vis plein de choses intensément. Le seul moment où je me suis interrogé, c’est à 49 ans. Parce que quand j’étais jeune, j’avais une profonde admiration pour Jacques Brel, et Jacques Brel est mort à 49 ans. Je m’étais dit quand il est décédé – j’avais alors 25 ans – que c’était mieux de vivre 50 ans intensément, que de vivre jusqu’à 75 sans avoir fait grand-chose. Et quand j’ai eu 49 ans, je me suis dit: ouais Brel est mort à cet âge-là, un copain est aussi décédé à cet âge. J’ai alors eu un moment d’interrogation sur la fragilité de la vie.

Votre lieu favori sur le festival?
C’est difficile de choisir un lieu parce que j’aime me balader sur le terrain. Je vais chaque soir manger à un autre endroit, je vais voir des concerts partout. J’aime particulièrement aller au dôme parce que les musiques du monde me surprennent.

Avez-vous un souvenir particulier avec Charles Hauser?
Je me souviendrais toujours de Charles, le 22 juillet 1977. Il était sur le terrain qu’il cultivait et il était comme la sculpture de Rodin, très pensif en train de regarder le terrain couvert de déchets. Nous n’avions pas du tout imaginé qu’il y aurait autant de déchets. D’habitude à la fin d’un concert, on allumait la lumière et tout le monde donnait un coup de main pour nettoyer. Mais là, nous n’avions pas du tout assez d’éclairage… et le lendemain matin, j’ai été le premier avec Charles à voir le terrain et à me demander comment nous allions faire pour nettoyer tout cela. C’était difficile à imaginer. J’ai fait plein de téléphones pour essayer de réveiller des gens qui travaillaient au festival. Ils avaient été héroïques, mais étaient morts, ivres de fatigue et peut-être aussi d’avoir bu quelques verres. Je pense que Charles s’en souvient également – c’était une image incroyable. Mais nous avons accompli un exploit, le terrain était propre pour le retour des festivaliers le soir.